La réponse d’un maître de thé au stockage d’échantillons
Pour Gao Liuzhou, la table de dégustation est un laboratoire. Après des décennies à évaluer des centaines d’échantillons par saison, il s’est lassé des bocaux dépareillés et des couvercles qui laissaient échapper les arômes. Il voulait un ensemble aussi transparent que son propre processus de dégustation — littéralement.
En 2025, il s’est assis avec un atelier verrier familial du district de Shunyi, à Pékin, où trois générations ont soufflé du verre borosilicate de qualité laboratoire. Ils ont opté pour un format de 100ml — assez grand pour une évaluation visuelle correcte, assez petit pour conserver une rotation d’une semaine sans que le thé ne s’évente. Les parois sont plus fines que celles des bocaux du commerce, ce qui réduit le poids et fait ressortir la couleur des feuilles sous les lampes réglables d’une table de dégustation.
Les bouchons sont arrivés plus tard. Gao a testé le silicone, le bambou et le métal avant de revenir au liège portugais, choisi pour sa microporosité qui autorise le plus léger des souffles tout en bloquant les odeurs extérieures. Chaque bouchon est coupé légèrement surdimensionné puis raboté à la main jusqu’à ce qu’il s’emboîte avec un léger pop — un son qu’il considère comme faisant partie du plaisir tranquille du matin.
Le plateau en bambou a été conçu à l’identique. Ses alvéoles sont espacées exactement pour que les six bocaux se tiennent sans se toucher, et un rebord bas retient les éventuels fragments de feuilles égarés. Depuis, l’ensemble est devenu la norme dans les ateliers de formation de Gao, où les élèves apprennent à conserver des échantillons de sheng pu-erh à côté de thés verts délicats sans contamination croisée.